Préférences et tendances générationnelles | Carrefour de GHD

Un avenir du travail en évolution: répondre aux préférences et aux tendances générationnelles

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La pandémie mondiale a accéléré un certain nombre de tendances économiques et comportementales, dont l’incidence des technologies sur notre façon de travailler.

L’équité intergénérationnelle est un principe fondamental pour assurer la durabilité des infrastructures, la résilience économique et la cohésion sociale dans un monde en rapide évolution.

Comment pouvons nous faire en sorte que les infrastructures que nous construisons aujourd’hui répondent aux besoins des générations actuelles et futures? Comment favoriser la collaboration et l’empathie entre les différents groupes d’âge, cultures et secteurs afin de créer des résultats justes et durables?

Ces questions pressantes étaient au centre d’une récente conversation riche et stimulante entre quatre experts et expertes du domaine situés en Australie et en Nouvelle-Zélande, dans le cadre d’une table ronde virtuelle organisée par la firme d’ingénierie mondiale GHD.

Animé par Michelle Cramer, responsable des Communautés du futur – Australie chez GHD, et modéré de main de maître par M. Greg Clark, professeur, conseiller mondial et urbaniste, l’événement a réuni des panélistes possédant une vaste expérience en aménagement urbain, en réalisation d’infrastructures, en développement communautaire et en leadership des jeunes : Monica Barone, directrice générale de la Ville de Sydney; Lisa Davis, directrice générale de Nati Fatwa ou Rake Trust; Adam McGuire, directeur du Level Crossing Removal Project; et Luke McNamara, jeune ambassadeur d’UNICEF Australie.

La discussion s’est également appuyée sur les principales conclusions de la recherche CARREFOUR de GHD, une vaste étude explorant l’équité intergénérationnelle à travers le prisme des infrastructures, qui a comporté un sondage auprès de plus de 10 000 personnes dans 10 pays. L’étude a révélé des perspectives et des points de vue diversifiés sur les préoccupations environnementales, les pressions liées au coût de la vie et les défis associés au transport, entre autres, entre les générations.

L’importance de l’équité intergénérationnelle

Les panélistes ont offert leurs points de vue sur le rôle des infrastructures dans la création de communautés connectées, résilientes et équitables, ainsi que sur l’importance de la planification à long terme, de la collaboration et de l’empathie entre les générations pour favoriser des infrastructures équitables et adaptées.

Ils et elles ont également souligné la nécessité d’adopter des pratiques durables et d’intégrer les savoirs traditionnels aux approches modernes, ainsi que l’importance de créer des espaces communs et des installations partagées.

Tous et toutes partagent le même point de vue sur l’importance de l’équité intergénérationnelle.

Mme Barone a insisté sur l’importance de l’équité. « En l’absence d’équité, nous mettons en péril le capital social, ou le tissu social, de nos villes et de nos communautés… Sans harmonie sociale, rien de ce dont nous avons besoin ne peut prospérer. L’économie est compromise, la santé des populations est compromise, la nature est compromise. Nous ne pouvons pas construire des sociétés et des villes de qualité dans un contexte d’iniquité », a t elle déclaré.

Selon Mme Davis et M. McNamara, l’équité intergénérationnelle exige aussi une vision à long terme.

Mme Davis a affirmé : « Cela permet de veiller à ce que les décisions que nous prenons aujourd’hui ne compromettent pas la capacité des générations futures à répondre aux leurs. À Nati Fatwa, nous mettons l’accent sur l’importance de la durabilité et d’une vision à long terme dans nos projets, afin d’assurer que nos ressources naturelles, nos possibilités économiques et notre patrimoine culturel sont préservés et renforcés pour nos Tamaki (nos enfants) et nos Mukupuna (nos petits enfants). »

M. McNamara a ajouté : « Nous devons adopter une perspective à long terme pour les enjeux dont nous discutons ici, notamment en ce qui concerne les changements climatiques... Nous voulons toutes et tous laisser le monde dans un meilleur état – non pas simplement tel que nous l’avons reçu, mais meilleur encore. C’est sans doute l’un des gestes les plus altruistes que nous puissions poser : offrir une vie meilleure à des milliards de personnes que nous ne connaîtrons jamais. »

M. McGuire a expliqué comment l’équité intergénérationnelle peut influencer concrètement la vie des gens.

« L’équité intergénérationnelle est plus importante que jamais, car nous pouvons avoir une réelle influence dès maintenant dans la vie des communautés au sein desquelles nous travaillons, et nous ne voulons pas perdre une minute pour y contribuer. Par exemple, enlever une barrière levante peut fluidifier la circulation, permettre aux enfants d’arriver plus rapidement à l’école, ou permettre aux gens se rendre plus facilement à leurs activités sportives ou à leur lieu de travail. »

Stratégies et solutions clés

Dans le but de créer un avenir durable pour tous et toutes, en particulier sous l’angle des infrastructures, les panélistes ont examiné diverses approches :


  • Collaboration : Mme Barone a abordé l’importance des partenariats axés sur l’impact, qui consistent à concevoir des programmes en collaboration avec les parties prenantes. Elle a parlé du programme Smart Green Apartments, qui aide des communautés de copropriétaires à réduire leur empreinte environnementale et leurs coûts en modernisant leurs bâtiments.
    « Les copropriétaires comprennent les avantages financiers de mesures comme le remplacement de l’éclairage des aires communes par des luminaires à DEL ou l’installation de panneaux solaires sur les toits.

    Ils constatent ensuite les économies réalisées et, par conséquent, ont investi des millions de dollars pour améliorer leurs immeubles. Mais l’essentiel, ici, est qu’il faut travailler avec l’ensemble des groupes afin de définir l’impact qu’ils souhaitent avoir, puis collaborer étroitement avec eux pour leur permettre de l’atteindre », a t elle expliqué.

  • Empathie intergénérationnelle : M. McNamara, jeune ambassadeur pour UNICEF Australie, a proposé des pistes pour combler les écarts générationnels en matière d’enjeux environnementaux, notamment par le biais de l’« empathie intergénérationnelle », qui consiste à respecter et à comprendre les différentes perspectives générationnelles, ainsi qu’à favoriser la participation des jeunes aux processus de planification et de prise de décision.

    Dans le contexte de la déclaration nationale des jeunes sur les changements climatiques de l’UNICEF, que McNamara a présentée, l’empathie intergénérationnelle est essentielle, car elle permet d’élaborer des plans ambitieux qui tiennent compte des points de vue des jeunes, lesquels hériteront des conséquences des décisions prises aujourd’hui.

    Mme Davis a également montré comment son organisation a intégré des pratiques traditionnelles et modernes dans les infrastructures afin de favoriser la durabilité et la sécurité de l’eau d’une génération à l’autre. La jeune génération a adopté les nouvelles technologies, tandis que la génération plus âgée a préservé les pratiques traditionnelles et les ressources naturelles.

    Mme Davis a expliqué : « Pour combler ces écarts générationnels, nous avons mis en place des programmes qui encouragent l’utilisation de véhicules électriques. Nous avons lancé un programme dans le cadre duquel nous avons acheté trois véhicules électriques utilisés en covoiturage au sein de notre Papakanga, notre village. L’objectif est à la fois d’encourager l’adoption de ces solutions et d’en améliorer l’accessibilité. »

    « Pour nous, c’est une question de préserver les ressources naturelles et de mobiliser les différentes générations autour d’une mission commune », a-t-elle ajouté.

  • Rôle des urbanistes : Mme Barone a souligné le rôle essentiel des urbanistes dans l’amélioration de l’abordabilité et de la vitalité des villes grâce à des systèmes urbains efficaces et à une planification réfléchie.

    « Une ville doit être planifiée de manière à ce que les interactions et les échanges soient aussi efficaces que possible, afin de contribuer à réduire le coût de la vie et à améliorer la qualité de vie. »

    Elle a donné l’exemple de résidents de logements sociaux à Sydney qui peuvent profiter d’événements, de Wi-Fi, de parcs et de transports gratuits. Elle estime qu’une planification efficace permet d’alléger le coût de la vie tout en améliorant le quotidien des citoyens et citoyennes.

    M. McNamara a abondé dans le même sens que Mme Barone. « Je pense que nous devons nous concentrer sur des lieux où l’on peut vivre, et non simplement sur des lieux de transit. Une grande partie de cela repose évidemment sur la planification, mais aussi sur notre capacité à faire preuve d’ambition en matière de logements abordables », a t il souligné.

    Mme Davis a pour sa part expliqué comment sa communauté a construit des habitations adaptées à différents besoins et modèles de propriété, et comment elle a élaboré un plan directeur reflétant ses valeurs traditionnelles et culturelles.


  • Création d’espaces communs : Les panélistes ont également souligné l’importance de créer des espaces communs et des équipements partagés, de favoriser des revenus et des moyens de subsistance durables, et de veiller à ce que les possibilités d’emploi soient accessibles à tout le monde afin de relever les défis liés à l’abordabilité.

    M. McGuire a expliqué comment son programme de construction crée des occasions pour les gens en remédiant aux pénuries de compétences, en favorisant l’inclusion et la diversité au sein de la main-d’œuvre, et en investissant dans la valeur sociale.

    « L’un des leviers à notre disposition est la création d’emplois et la manière dont ces emplois sont attribués. Dans le cadre du Big Build – un investissement à long terme sur dix ans – nous cherchons à utiliser ce vaste programme de travaux comme un catalyseur de changement », a t il déclaré.

    M. McGuire a également évoqué sa vision de créer des pôles communautaires modernes autour des gares. Ceux ci permettraient de mettre à contribution des terrains sous utilisés et d’offrir une connectivité durable, tout en créant des emplois et en favorisant l’inclusion et la diversité de la main d’œuvre.

    « Nous cherchons à créer ce que l’on pourrait appeler un pôle communautaire moderne : un lieu où les gens se rassemblent, utilisent la gare et profitent des autobus, des réseaux cyclables ou du train. Ce sont des espaces de rencontre, d’échange et d’épanouissement. Nous travaillons aussi à dynamiser des terrains gouvernementaux sous utilisés autour de chacun de ces pôles », a t il expliqué.

    M. McNamara a exhorté les villes à dépasser ce qu’il a qualifié de « cloisonnement régional » et à favoriser des milieux de vie diversifiés et inclusifs. Selon lui, les installations partagées peuvent rendre les villes plus résistantes, plus productives et plus inspirantes.


  • Systèmes de transport multimodaux : Les panélistes ont insisté sur la nécessité de mettre en place un système de transport qui respecte l’ensemble des modes de déplacement et répond aux besoins diversifiés de la collectivité.

    Mme Barone a expliqué que la Ville de Sydney encourage le recours au transport collectif pour les personnes en mesure de l’utiliser, afin que l’espace routier soit disponible pour celles et ceux qui en ont réellement besoin. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’un moyen de partager les infrastructures et de soutenir l’équité intergénérationnelle.

    « Ce que nous essayons vraiment d’expliquer aux gens, ce n’est pas que nous détestons les voitures. C’est simplement que, si vous êtes en mesure de marcher ou de vous déplacer à vélo, nous aimerions que vous le fassiez, parce que certaines personnes, comme les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les gens qui ont des enfants, n’ont peut être pas la possibilité d’utiliser d’autres modes de transport », a-t-elle plaidé.

    M. McNamara, représentant des jeunes, a pour sa part affirmé que le transport collectif est une question de droits des enfants et des jeunes. Selon lui, ce mode de transport favorise l’autonomie et offre des occasions d’explorer la ville. Il a exhorté les dirigeants municipaux à concevoir des systèmes de transport inclusifs, adaptés à tout le monde, et à renforcer le sentiment de faire partie d’un mouvement collectif.

    En conclusion, les panélistes ont convenu que la chose la plus importante à faire est d’écouter, de comprendre et de représenter les points de vue de leurs communautés. Ils et elles ont également insisté sur la nécessité de la collaboration et de la connectivité afin que chaque personne puisse se permettre de vivre dans des milieux dynamiques et de réduire les inégalités intergénérationnelles.

    M. Clark a également présenté une synthèse complète des principaux messages des panélistes, soit :

    • Le travail et les revenus en tant que facteurs essentiels pour créer des possibilités significatives qui permettent aux gens de s’offrir les villes que nous envisageons.
    • La nécessité d’adopter des approches systémiques globales.
    • L’importance d’utiliser les nouvelles technologies et de les intégrer aux connaissances et aux savoirs traditionnels. Cette combinaison permet de créer de nouveaux modèles, mécanismes et plateformes qui améliorent notre façon de vivre, de partager et de réaliser ensemble de grandes choses dans des lieux inspirants.

    Pour clore la table ronde, Mme Cramer a exposé sa vision de l’importance de l’empathie et de l’équité intergénérationnelles, de l’apprentissage auprès de cultures qui ont depuis longtemps intégré ces valeurs, ainsi que de la nécessité de faire preuve de courage pour déconstruire et reconstruire en vue d’un avenir meilleur. Elle a également souligné que l’idée selon laquelle l’équité engendre la confiance est essentielle à notre fonctionnement en tant que société.

Vous pouvez visionner le bilan du modérateur ici (en anglais) :

Le mot de la fin de l’animatrice peut aussi être visionné ici (en anglais) :

Regardez l’ensemble des discussions pour en savoir plus sur les approches stratégiques présentées par nos panélistes en vous rendant sur la page des événements virtuels CARREFOUR

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Pour voir l’intégralité de la conversation, regardez la vidéo sur demande (en anglais) disponible sur la age de l’événement

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