Au-delà de la conformité : Comment une planification en amont renforce la valeur des mines

Auteurs : Dave Clark et Michael Gallahue
Mine closure

En bref

La fermeture des mines et la transition responsable des terrains sont passées de l’état de phases finales et isolées à celui de défis figurant parmi les plus critiques du cycle de vie minier. Comme les autorités réglementaires, les investisseurs et les communautés exigent des résultats durables, une planification en amont et intégrée de la fermeture est devenue non négociable.

La fermeture des mines et la transition responsable des terrains sont passées de l’état de phases finales et isolées à celui de défis figurant parmi les plus critiques du cycle de vie minier. Comme les autorités réglementaires, les investisseurs et les communautés exigent des résultats durables, une planification en amont et intégrée de la fermeture est devenue non négociable.

Intégrer la fermeture dès le premier jour

Une fermeture efficace commence bien avant que la production ne se termine. Idéalement, elle est intégrée lors de la planification initiale et après les phases d’exploration avancée et l’étape de définition du concept. En intégrant les aspects à considérer en matière de fermeture tôt dans le processus, les propriétaires et les exploitants peuvent influencer des décisions liées à la configuration de l’infrastructure, à la manipulation des matériaux et à la gestion des matières résiduelles, qui réduisent les risques et les coûts à long terme lors de l’éventuelle fermeture de l’installation.

Une planification en amont permet la réhabilitation progressive, ce qui répartit les activités de restauration tout au long de la vie de la mine, plutôt que de les reporter majoritairement à la fin des opérations et au-delà de celle-ci. Ceci réduit au minimum le fardeau associé à la fermeture finale et aide à obtenir la confiance des autorités réglementaires et de la communauté.

L’intégration d’objectifs de fermeture dans chaque phase de la planification et de développement minier signifie que les installations peuvent être conçues pour une désaffectation plus simple, que les matières dangereuses peuvent être isolées de manière à faciliter la réhabilitation, et que les systèmes d’installations de stockage des résidus et de l’eau peuvent être configurés pour appuyer la durabilité à long terme. 

Les plans de fermeture qui sont établis dès le départ créent une base de référence qui peut être peaufinée au fil du temps. Les avantages comprennent une mine plus sécuritaire, plus prévisible et financièrement résiliente. Elle pourra atteindre ou excéder les attentes des parties prenantes et laisser un héritage positif.

Établir un lien de confiance grâce à la participation

Tout comme l’excellence technique qui assure une fermeture réussie, la confiance et la transparence sont également essentielles. Il est important d’intégrer une collaboration significative avec les titulaires de droits et les partenaires et une participation active de ceux-ci, y compris les communautés locales et autochtones.

Cela signifie aller au-delà de la consultation lors de la conception collaborative. Grâce à des ateliers participatifs et à des forums décisionnels, les communautés peuvent orienter et influencer constructivement les résultats de la fermeture de façon à ce qu’ils correspondent à leurs aspirations à long terme. Ceci permettra de créer des occasions d’emploi local, de perfectionnement et de sous-traitance dont les effets bénéfiques vont bien au-delà des phases opérationnelles.

Un engagement en amont réduit aussi la probabilité de litiges ou de réaménagements dispendieux et tardifs. Lorsque la communication au sujet des risques et des responsabilités demeure ouverte, la fermeture devient un processus partagé plutôt qu’une décision unilatérale.

Ce modèle collaboratif s’est révélé être essentiel pour la fermeture de la mine de la Canadian Gypsum Corporation dans l’est du Canada, où nous avons travaillé avec des parties prenantes afin de trouver un équilibre entre la restauration environnementale et l’utilisation potentielle des terres. Grâce à un engagement transparent et à une planification stratégique, le site a été remis en état de façon à refléter le caractère naturel de la région tout en laissant une certaine souplesse pour une potentielle reprise des activités, ce qui démontre comment la planification de fermeture peut appuyer la résilience environnementale autant que des possibilités économiques.

Encourager l’innovation grâce aux données et à la conception

Alors que les mines deviennent de plus en plus complexes, l’innovation numérique et les outils axés sur les données restructurent les stratégies de fermeture. Les systèmes d’information géographique (SIG), les drones et la cartographie par LiDAR offrent maintenant des données précises et en temps réel afin d’évaluer l’état des lieux et de suivre la progression de la réhabilitation. La modélisation prédictive et l’intelligence artificielle (IA) améliorent davantage la prévoyance, ce qui aide les équipes à anticiper les risques et à optimiser la réhabilitation pour orienter plus précisément les décisions.

La conception topographique et la remise en état démontrent aussi le croisement entre la science et la créativité. Des terrains stables et naturels nécessitent une collaboration multidisciplinaire entre des spécialistes en géotechnique, en hydrogéologie, en hydrologie et en écologie. Des études géotechniques et des essais progressifs exhaustifs, mais suffisamment ciblés et optimisés, peuvent aider à atteindre une stabilité à long terme et à réduire au minimum les exigences d’entretien après la fermeture.

La gestion des contaminants émergents, comme les PFAS (substances per et polyfluoroalkylées), est tout aussi importante. Ces substances sont souvent négligées durant les premières étapes de planifications, mais ces elles peuvent persister dans le sol et l’eau, ce qui entraîne des risques environnementaux à long terme. L’intégration proactive de l’évaluation des PFAS dans les activités et la fermeture peut guider efficacement les entreprises minières dans la protection des écosystèmes locaux et s’inscrit dans le cadre d’engagements plus vastes en gestion de l’environnement.

La résilience financière est à la base de tous ces efforts. La modélisation et l’analyse de sensibilité des coûts de fermeture aident à quantifier l’incertitude et à guider les décisions en matière d’investissement. Une planification financière précise et adaptable favorise la conformité, la confiance des investisseurs et la transparence des déclarations afin que la dimension économique de la fermeture reste aussi robuste que l’aspect technique.

Des fermetures qui servent de catalyseur pour la valeur

La fermeture est souvent perçue comme étant purement une exigence régulatoire, mais elle peut aussi servir de catalyseur pour la régénération des communautés et de l’environnement si elle est gérée de façon stratégique. L’intégration de la gestion des actifs à la planification de la fermeture, y compris l’évaluation de la valeur des infrastructures, des matières de rebut ou des installations réaménagées, peut même transformer les coûts en possibilités.

Par exemple, sur le site d’une fonderie de plomb-zinc, notre équipe a mis au point une stratégie qui remédiait au problème de contamination tout en déterminant les options de réutilisation pour l’infrastructure existante. Des études de faisabilité et des évaluations des risques appuyaient la conformité environnementale et permettaient de tirer profit de potentiels avantages économiques et sociaux pour la communauté avoisinante.

La planification moderne des fermetures adopte aussi des systèmes d’aide à la prise de décisions, comme des outils d’analyse multicritère (AMC), pour évaluer les options de durabilité. Ces cadres permettent aux équipes d’évaluer les compromis entre les résultats environnementaux, sociaux et financiers de façon transparente et justifiable.

La préparation à la fermeture ne peut pas commencer seulement lorsque la production se termine. Elle commence dès le premier jour et évolue avec la mine. Cette mentalité avant-gardiste transforme la fermeture comme exercice de fin de vie en une discipline continue qui favorise l’efficacité opérationnelle, les partenariats entre les communautés et un rendement environnemental à long terme.

Points à retenir

En tirant parti de notre grande expérience technique liée aux projets de fermeture et de réhabilitation d’actifs partout dans le monde, nous avons mis au point un ensemble de principes directeurs pour une planification de fermeture de mine réussie :

  • Planifier tôt, s’adapter souvent : Intégrer des principes de fermeture de la conception jusqu’à la désaffectation afin de gérer proactivement les risques et les coûts.
  • S’impliquer de façon significative : Collaborer avec les communautés et les autorités réglementaires pour concevoir des résultats qui correspondent aux priorités communes et renforcent l’acceptabilité sociale.
  • Mettre l’innovation de l’avant : Utiliser des outils numériques, la modélisation prédictive et une expertise multidisciplinaire pour améliorer l’exactitude, la sécurité et la durabilité.
  • Prioriser la résilience financière : Maintenir des modèles et prévisions de coûts à jour pour soutenir la conformité et renforcer la confiance des investisseurs.
  • Penser au-delà de la conformité : Traiter la fermeture comme une occasion de regénérer la terre, de renforcer la résilience communautaire et de créer des retombées durables.

Une planification de fermeture en amont et intégrée transforme les mines, les faisant passer d’actifs finis en atouts durables contribuant à la durabilité environnementale et sociale. Lorsque les activités cessent, ce qui reste n’est pas un risque, mais un héritage positif. Pour en savoir plus sur notre appui de la planification de fermeture et des transitions d’actifs durables, téléchargez notre rapport complet, Au-delà des fermetures de mines.

Cet article a été publié dans le numéro de novembre 2025 de mining.com.

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